Appel à articles pour un dossier thématique, RIMEC, Numéro 5, juin 2020 www.revue-rimec.org

Les technologies de l’information et de la communication : entre visibilité et invisibilité des acteurs

Numéro coordonné par Farid TOUMI, Professeur des Universités, SIC

Ce numéro, qui se veut un croisement interdisciplinaire, constituera une occasion unique où peuvent se discuter les apports de la recherche en sciences humaines et sociales, notamment en Sciences de l’information et de la communication (SIC) en interaction avec d’autres disciplines telles que, la sociologie, la psychologie ou encore le management, afin de faciliter la compréhension des mécanismes liés à la production et à l’évolution des formes et usages de la communication numérique.

Habituellement, les nouveaux médias et les technologies de l’information et de la communication sont perçus comme étant un outil d’interaction par excellence. Ils ont transformé les modes de l’information mais ont aussi modifié les formes de production et de consommation des messages dans tous les domaines. Blogs, journaux en ligne, créations et productions culturelles et artistiques, films, photographies numériques et réseaux sociaux numériques (RSN) se sont implantés tant dans le champ des SIC que dans la sphère organisationnelle contribuant ainsi à l’émergence des nouvelles problématiques humaines, sociales et économiques liées à la transformation des sociétés par les technologies de l’information et de la communication (TIC).

Dès lors il serait légitime d’interroger le rôle joué par les technologies de l’information et la communication dans l’évolution et les mutations que subissent nos sociétés ? Quels sont les enjeux et le sens de ses transformations dans des sphères telles que la vie sociale, l’organisation et la politique ?

Sur le plan organisationnel par exemple, les TIC et en particulier les RSN sont tantôt perçues comme facteur déterminant permettant de se libérer des contraintes spatio-temporelles et de la proximité ou de la complexité hiérarchique, tantôt elles sont perçues comme facteur chamboulant les concepts de l’espace, le temps et le territoire : l’espace se dématérialise et fond. Parmi les conséquences qui en découlent, la visibilité croissante des acteurs (organisation, cadre et salariés). La visibilité de l’organisation et de ses dirigeants se trouve, le plus souvent, au centre d’un processus de performance. Etre visible sur les réseaux sociaux numériques est un vecteur permettant d’afficher ses performances auprès de la société, de l’entreprise, de ses actionnaires, de sa clientèle voire également sa hiérarchie.

Dès lors, il s’avère légitime d’interroger le rôle des RSN et leur participation dans la visibilité des organisations (entreprises, institutions privées et publiques, régions, communes, etc.) et de ses acteurs : ce processus relève-t-il des « tyrannies de la visibilité » si l’on emprunte l’expression de N. Aubert et C. Haroche ou bien au contraire relève-t-il de la « servitude volontaire » de s’exposer ?.

Sur le plan des personnes, les nouveaux médias ont également un impact sur le comportement de l’utilisateur qui passe d’un simple consommateur de l’information à un producteur de sens. En conséquence, cela favorise l’enrichissement de la variété produite ; les interactions et les échanges s’amplifient à travers les réseaux sociaux numériques, les Wikis ou encore les blogs. L’usager est désormais au centre des processus créatif, revendicatif et collaboratif. Les illustrations sont innombrables (Gilets jaune en France, boycotte au Maroc, etc.).

L’hypothèse d’un individu narcissique en quête permanente d’un reflet de soi (R. Sennet) ou encore d’un cyber narcissisme (F. Jauréguiberry) pourrait trouver ici un écho favorable. Une lutte pour la visibilité sur les RSN est souvent engagée car synonyme « d’existence » et de reconnaissance.

Cette visibilité des personnes dans la sphère publique interroge également une dimension chère à M. Foucault et à G. Deleuze « le contrôle social ». Le web, d’une manière générale, est devenu le lieu privilégié d’une surveillance institutionnelle (entreprises privées, instituts de sondage, etc.) et d’une surveillance étatique (Ministère de l’intérieur, services secrets, etc.). Entre des promesses de libre expression, d’échanges et interactions, d’une part, et un contrôle de plus en plus présent, comment est vécue cette « double contrainte » par les usagers du web et des RSN en particulier.

La visibilité des hommes politiques s’appuie de plus en plus sur des dispositifs numériques, les RSN, les Twitts de D. Trump ou encore les pages « Facebook » personnelles de certains politiques en exercice alimentées en informations en priorité parfois au détriment des sites officiels en sont des exemples. Cette gestion de l’image assure une visibilité certes, mais soulève plusieurs interrogations quant à l’efficacité de ces procédés, arrive-t-on à contrôler son paraître ? s’agit-il d’une simple mise en scène ou théâtralisation dans le sens de Goffman ?

Ce numéro vise à circonscrire la problématique de la visibilité des personnes, des organisations voire de concepts à la mode (la RSE, la gouvernance…) et ce à l’ère du numérique. Dans quelle mesure les TICs influencent-elles nos vies sociales, nos vies au sein des organisations encore nos perceptions des politiques et territoires ?

Les articles peuvent traiter des problématiques en relation avec les axes suivants (liste non exhaustive) :

  • RSN entre visibilité, liberté et assujettissement des individus (crowdsourcing, surveillance, vente de données personnelles etc.)
  • Les réseaux sociaux numériques (RSN) et visibilité des organisations publiques, privées, des territoires et des acteurs.
  • Les RSN et visibilité des concepts, RSE, gouvernance, pratiques citoyennes, etc.
  • Entre visibilité et invisibilité des acteurs en entreprise : des enjeux professionnels.
  • RSN vecteur de visibilité des contestations des salariés, cadres, travailleurs, etc.
  • Territoire, Régionalisation avancée et place du numérique dans les politiques territoriales.
  • Acteurs politiques et RSN.
  • Equité territoriale, fracture numérique

 

Calendrier :

Soumission des propositions : le 15 /12/ 2019. (5000 signes, espaces compris hors bibliographie)

Notifications aux auteurs : le 20/01/ 2020

Remise de l’article intégral : le 15 /03/2020

Notification des évaluations aux auteurs : le 15/04/ 2020

Retour des articles définitifs : le 20/05/2020

Publication des articles : le 30/06/2020

 

Modalités de soumission :

 

La taille des textes définitifs est comprise, en moyenne, entre 30°000 et 45°000 signes (espace compris) sous format WORD (Times New Roman, 12 points). L’évaluation des propositions se fera en double aveugle par un comité scientifique international. Les informations suivantes seront fournies avec le texte : titre de la proposition, nom et prénom, affiliation institutionnelle, 5 mots-clés et un résumé en français et en anglais ainsi qu’une courte biographie.

 

Adresse de soumission :

ftoumi2000@gmail.com

 

Consignes de rédaction :

Pour les directives aux auteurs, consulter le site web : www.revue-rimec.org